18 janvier 2012

[Interview] Frédéric Mars


.: Interview de Frédéric Mars :.


Thibaut : Bonjour Frédéric Mars et merci pour cette 
interview !


___Enfance & Écrivain___

Étiez-vous bon lecteur lors de votre enfance ? Si oui, quels étaient vos séries préférées et vos héros préférés ?

Frédéric Mars : Je lisais beaucoup, oui, et un peu de tout, sans série ou héros récurrent préféré. Par nature, je ne suis pas fan ou groupie, je suis plus motivé par la soif de découvrir toujours d'autre chose que par l'envie de retrouver un univers défini. C'est encore le cas aujourd'hui, et à part mes trois auteurs fétiches que sont Kafka, Modiano et Philip K. Dick, il y a peu d'auteurs dont j'ai dévoré toute l'œuvre.

T : Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez enfant ? Avez-vous eu quelqu'un dans votre famille qui vous a poussé à écrire ?

FM : Je voulais devenir scénariste de cinéma ! Ce que je n'ai pas encore réellement accompli, j'ai juste écrit un peu pour lé télé. Donc il me reste encore des choses à explorer.
Chez mes parents, il y avait beaucoup de livres, tous en accès libre. Mais mes parents ne me poussaient pas spécialement dans une direction donnée. Ce sont deux profs, l'un en primaire, puis l'autre au collège, qui ont décelé et valorisé chez moi une relative facilité d'écriture. En me délivrant les bons encouragements au bon moment, ils ont mine de rien inscrit en moi l'idée que j'étais fait pour ça, et je les en remercie encore aujourd'hui.

T : Pourquoi êtes-vous aussi proche de vos lecteurs ? Certains auteurs mêmes français sont plus distants !

FM :C'est Facebook et les réseaux sociaux qui induisent et permettent ça. Vraiment, au quotidien, je suis plutôt un ours solitaire ! Mais c'est si facile et agréable de discuter en ligne, ça s'inscrit si naturellement dans mon fonctionnement (l'écrit), que je le fais naturellement. Un seul coup de fil me perturbe plus dans mon travail que vingt messages écrits...

___Non Stop___

T : Pouvez vous nous présenter Non Stop ?

FM : NON STOP est un thriller contemporain, situé aux États-Unis, principalement à New York, dans les jours qui précèdent le 11e anniversaire du 11 septembre. Un homme ordinaire reçoit une enveloppe kraft anonyme et se met à marcher en direction du métro. À peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui.
Très vite, les explosions de ce genre se multiplient à une allure folle dans tout le pays, générant un chaos globalisé. Or, les kamikazes en question n'ont pas du tout le profil type du terroriste. Ce sont des personnes ordinaires, et a priori de bons citoyens. Pourtant, tous reçoivent ces enveloppes et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient.
Les autorités sont confrontées à la plus gigantesque attaque terroriste aux États-Unis, insaisissable, et d'autant plus déstabilisante que ce sont de simples quidams qui ont été piégés, et transformées en armes. En quelque sorte, l'Amérique devient son propre ennemi...

T : Pourquoi avait vous écrit Non Stop ? Une peur personel ou un resenti général ?
FM : L'idée m'est venue d'une brève publiée début 2010 par le quotidien anglais le Daily Mail, qui rendait compte d'une découverte du MI5, les services secrets britanniques. Une info qui serait passée pour un gag si elle avait été publiée le 1er avril. On y apprenait que des chirurgiens d'origine pakistanaise avaient été formés à l'étranger pour poser des implants mammaires piégés sur des femmes kamikazes. Ou d'autres types de prothèses piégées. Je n'ai eu qu'à imaginer ce que cela pourrait donner si ces implantations se faisaient à l'insu de ces mules explosives, et à grande échelle.


T : Pourquoi avoir choisi comme lieu principal New-York et pas les grandes capitales d'autres pays ?

FM : Parce que j'adore New York pour commencer, que je suis très attaché à cette ville où j'ai fait d'assez nombreux séjours. Ensuite, car, par la faute du 11 septembre, c'est la ville des États-Unis la plus marquée par le terrorisme. Enfin parce que c'est un théâtre extraordinaire pour situer une menace globale, très riche en lieux divers et symboliquement très forts.

T : Pourquoi parler de terroriste ? Et de gens qui explosent ?

FM : Ce n'était pas prémédité. Comme je l'ai dit plus haut, l'idée m'est venue par le biais de l'actualité, et du contexte géopolitique qui est le nôtre. D'ailleurs, détail amusant que je n'ai réalisé que très récemment : l'un de mes oncles a été implanté d'un pacemaker en urgence au Roosevelt Hospital il y a quelques années, à l'occasion d'un voyage à NY. Et, franchement, je ne m'en suis même pas souvenu de manière consciente au moment d'écrire mon livre. C'est mon père, son frère, qui l'a relevé quand il a lu NON STOP à son tour : "Mais tu sais que tu parles de lui dans ton roman !".

T : Pourquoi avez-vous mis une histoire de famille, en toile de fond, sur une histoire de terroriste ?

FM : Peut-être à cause du point précédent ! Non, plus sérieusement, parce que ça me semblait important d'humaniser mes personnages au-delà de cette machination de grande envergure et de leurs seules fonctions de flics ou d'agents.

T : Pourquoi avoir choisi Black Moon ? 

FM : C'est plutôt Black Moon qui m'a choisi. J'avais présenté des projets plus Young Adult à Cécile Terouanne, la patronne de Black Moon. Elle hésitait un peu, et quand je lui ai pitché NON STOP, elle m'a dit presque immédiatement : "c'est ça que je veux !". Car elle avait déjà le souhait d'élargir le spectre de ses publications à des choses plus adultes, et mon projet est tombé à point nommé.

T : Pourquoi faire un roman sur la politique et tout ce qui se passe dans l'ombre ? Pour démontrer ?

FM : Oui, pour que le lecteur ait le sentiment non pas d'être extérieur à des décisions qui lui échappent, mais qu'il ait la sensation de vivre les choses de l'intérieur. En tant que simple lecteur, j'adore qu'on soulève pour moi le voile sur les choses cachées ou secrètes. Sur la coulisse des événements.

T : Avez-vous fait beaucoup de recherche pour ce livre ? Vous êtes-vous rendu dans les lieux où se passe l'action ?

FM : Oui, j'ai accumulé beaucoup de documentation, j'ai lu beaucoup, et en effet je me suis rendu 10 jours à NY (où j'étais déjà venu plusieurs fois) spécifiquement pour faire des repérages de tous les principaux lieux que je décris dans le livre. Ca peut paraître un luxe superflu, mais moi ça m'aide à enrichir mon texte. Je prépare un découpage très précis de mon histoire avant d'écrire, mais le voyage sur place permet toujours d'ajuster certaines actions, en fonction de la réalité des lieux. Et puis les lecteurs sont assez nombreux à apprécier semble-t-il cette précision. On m'a même demandé quelques fois si j'avais déjà vécu moi-même à NY !

___Projets___

T : J'ai vu que vous allez bientôt sortir un nouveau livre ? Pouvez-vous nous le présenter et nous dire pour qui s'adresse ce livre ?
FM : Il s'agit des Écriveurs (éditions Baam / J'ai lu) et c'est le premier tome d'une trilogie (pour l'instant) dédié plus spécifiquement aux adolescents et jeunes adultes. Le pitch de départ, c'est une île (invisible sur les cartes) où réside une poignée d'enfants et d'adolescents ayant en charge le destin de l’humanité tout entière. Ils Écrivent littéralement la vie des autres êtres humains, vous, moi... tout le monde ! Cet endroit s’appelle Hometone, et est aujourd’hui menacé par un ancien Écriveur ayant abusé de son pouvoir. La jeune Lara Scott, tout juste révélée, va peu à peu apprendre à diriger ceux qu’elle écrit… et devoir assumer les conséquences de ses actes.
T : Avez-vous d'autres projets d'écriture ? Avec d'autres maisons d'édition ?

FM : J'ai le projet d'une sorte de spin off de mon roman, Le sang du Christ, chez Michel Lafon, qui se déroulera 2000 plus tard, donc de nos jours, au Vatican, dans le milieu des exorcistes. Et puis j'ai aussi en cours de préparation, de façon plus immédiate, un autre thriller pour Black Moon, qui se situera une fois encore aux États-Unis, à Boston et sur le campus de Harvard, où je dois me rendre la semaine prochaine pour parfaire ma documentation. Sa sortie est prévue en principe à l'automne prochain.

Merci d'avoir répondu à cette interview ! Au plaisir de vous recontacter !


5 commentaires:

Vampilou a dit…

Wahou la classe Thibaut !!!!!!!

Thib-book a dit…

Merci beaucoup ! :D

Les Ordonneau a dit…

Chapeau bas ^^ Où l'as-tu rencontré ?

Thib-book a dit…

@les Ordonneau Grâce à Facebook !

Nathan a dit…

cool très intéressant !! :D